Mes débuts

Je suis un savant mélange entre une mère Bordelaise et un père Normand! C'est grâce au vin rouge et au camembert souvent présent à table que J'ai commencé mon parcours professionnelle à l'âge de 16 ans. J'ai intégré un lycée hôtelier en région Bordelaise ou j'ai effectué de 2000 à 2004 le Cap/Bep et le Bac pro cuisine. A cette époque, la cuisine avait redonné du sens à ma vie, ce qui m'a permis de sortir de la spirale de l'échec scolaire. Cela a été une révélation pour moi et m'a apporté ce que je cherchai depuis très longtemps: du concret, de la simplicité, de la rigueur, du compagnonnage... 


Mon expérience

Ma vie professionnelle dans l'hôtellerie restauration a été rythmé comme beaucoup de confrères et de consœurs que j'ai croisé durant mon parcours professionnelle par de véritable "Cauchemar en cuisine". Je n'ai pas eu que des mauvaises expériences et heureusement car cela m'a permis de garder la foi durant toutes ces années passées dans la salle des machines. Je remercie Monsieur Dauphin qui m'a fait confiance durant mes quatre premières années d'expériences. Je suis rentré chez lui en tant que commis de cuisine jusqu'au poste de second de cuisine. Je me souviens encore de sa gentillesse, de sa présence à tout les repas du personnel, de son respect.

 J'ai récemment croisé par hasard un ancien camarade de Bac pro qui m'a raconté que 75% de notre promo avait arrêté la cuisine. La crise du Covid a révélé que c'est lorsque la machine s'arrête que les douleurs (physique et psychologique) se réveillent. Tant de souffrance dans ce qui est pour moi l'un des plus beaux métiers du monde. Le problème est que parfois, une entreprise, devient un monstre qui demande à être nourrit. J'ai souvent réalisé durant mon parcours que les problèmes viennent souvent de problématiques psychologiques. Une mauvaise gestion d'entreprise n'est pas seulement dû à des méconnaissances ni à la conjoncture. C'est à mon sens avant tout dû à des problèmes d'ego, d'absence de remise en question, de jeux psychologique.... mais également d'inhumanité.

 
Lorsque je suis passé chef de cuisine, je pensai naïvement pouvoir accéder à une place qui pourrait faire changer les choses. Je me suis heurté à un mur. Nous avons un dictons en cuisine: "le poisson pourrit toujours de la tête à la queue". En effet, j'ai réalisé que même en étant chef de cuisine, je ne pouvais rien changé lorsque le problème vient du patron. Plusieurs fois, j'ai été renvoyé dans mes pénates en me disant "vous n'êtes que chef". Plusieurs fois, j'ai eu des expériences de chef sans être chef car le patron voulant tout contrôlé ne me laissait aucune marche de manœuvre.
 

Je me souviens d'un patron qui m'a dit: "moi , je n'embauche que des personnes qui sont en couple avec des enfants et des prêts". Mais quel cynisme! Ce patron avait bien compris l'adage qui dit que "là ou la chèvre est attachée, il faut qu'elle broute". Qu'est-ce qui à pu se passer dans la vie de cette personne pour en arriver à cette façon de penser? C'est une des questions que je me suis posé durant mon parcours et qui m'a amené sur le chemin de la psychologie. 

En 2015, j'ai eu une expérience de sept jours dans un restaurant qui a été fondatrice dans mon envie de changer de métier. J'ai revécu sur une courte période tout ce que j'avais vécu durant toute ma carrière professionnelle: cuisine insalubre, produits avariés, horaires à rallonge, mensonge sur le contrat de travail qui indiqué commis au lieu de chef de cuisine... J'avais été embauché en tant que chef de cuisine afin d'aider une entreprise en difficulté. Je me suis investi prenant cette expérience comme une opportunité de faire mes preuves. J'ai finalement réalisé au fur et à mesure que le patron se servait de moi pour relancer son entreprise. Je suis donc parti et j'ai eu beaucoup de mal pour récupérer mes papiers y compris mon contrat de travail.

Un dimanche à huit heures du matin quelques semaines après, je reçois un coup de fil de ce patron pour me demander ou était le film alimentaire! Je me suis assis au bord de mon lit et je me suis dit: "si je continue, ce métier va me tuer". En effet, j'avais remarqué chez ce patron un probable début de maladie d'Alzheimer durant mon expérience avec lui. Cependant, la nature de sa demande a été tellement absurde que je l'ai prise de pleins fouet. C'est à se moment là que j'ai pris la décision de changer de métier pour la psychologie. 

C'est en 2016/2017 que j'ai effectué ma formation en relation d'aide à l'institut Cassiopée Formation à Chatou en région Parisienne. J'ai beaucoup apprécié ces deux années ca j'ai pu sortir du milieu que j'avais toujours côtoyer et découvrir des personnes de pleins d'horizon différents. Encore plus que l'accès au savoir, cela m'a permis de retourner sur les bancs de l'école afin de réactualiser ma période d'échec scolaire, de travailler sur ma confiance en soi, mon affirmation de soi, sur mon syndrome de l'imposteur entre autre. C'est à partir de 2016 que j'ai entamé en parallèle de ma formation une thérapie avec un psychologue clinicien qui me suis encore aujourd'hui.


Afin de financer ma formation, j'ai continuer à travailler en restauration notamment pour divers traiteurs. Je ne connaissais pas bien le monde du traiteur et de l'évènementiel. Cela m'a permis de découvrir d'autre façons de travailler et bien d'autres personnes en souffrance. En traiteur, il n'y a pas de service cependant il y a pas d'horaire non plus. J'ai une fois travailler 24h d'affilé! La question est pourquoi accepter ça? Il y a quelques choses que j'ai toujours appréciés en cuisine: "tout le monde se bat, personne ne se barre". Il y a un fort esprit de camaraderie mais le revers de la médaille est l'exploitation, le surinvestissement, le burnout, la maladie...

Après ma formation, j'ai éprouvé l'envie de retourner en cuisine pour prendre un poste de chef de cuisine afin de revivre l'expérience enrichi du savoir de ma formation. J'avais également à l'esprit le fait qu'il était important de venir travailler sur mes failles avant de lancer mon cabinet de thérapie. Je voulais éviter de ramener dans la relation thérapeutiques des problématique non résolus. Je voulais travailler sur mon savoir être. Cette expérience a été riche en enseignement et a duré deux ans. Je suis ensuite reparti en traiteur afin d'ouvrir mes droits aux chômages dans l'optique de m'en servir pour créer mon entreprise. C'est à se moment là qu'est arrivé la Covid.

Cette période de confinement m'a permis de travailler sur mon projet afin de le lancer au mieux. C'est au premier déconfinement que j'ai trouvé mon cabinet et créé mon entreprise. J'en suis aujourd'hui à ma quatrième années de pratique et je suis très heureux de m'être donné la permission de sauter le pas. Je suis aujourd'hui dans un métier qui me plait, qui a du sens et qui me permet enfin d'avoir la place et le cadre pour agir afin de faire bouger les choses. J'éprouve beaucoup de joie lorsque je peux notamment aider des personnes qui travaillent dans le milieu de l'hôtellerie restauration car je sais exactement ce par quoi il passe.